Archive for the 'LRU' Category

30
Dec

Une vision artistique de lutte contre la LRU

Anti LRU Amiens

Les étudiants de la fac d’art (particulièrement concernés par la loi Pécresse) d’Amiens ont trouvés une façon originale de faire passer leur voeu d’abrogation : une série de photos artistiques. Je me réjouis de cette initiative qui lance vraiment une réflexion sur les alternatives aux blocages que nous cherchons depuis déjà plusieurs semaines.

Outre le fait d’être une campagne qui je l’espère sera efficace, ces photos montrent aussi que les étudiants mobilisés contre la LRU savent faire preuve de créativité et ne sont pas des opportunistes révolutionnaires feignants :)

Anti LRU Amiens 2

Via Gonzague

15
Dec

Déblocage façon CRS à Lille 3

CRS

Si vous voulez vous faire votre propre point de vue sur ce déblocage par la force, vous pouvez en visionner la vidéo ou les photos.

Je suis profondément triste et aigri après cette intervention musclée qui n’avait aucune raison d’être. Inutile de blâmer Monsieur Sarkozy ou son gouvernement pour cette “opération”, comme le font certains, mais plutôt le président de notre fac, Monsieur Jean-Claude Dupas. C’est lui en effet qui a décidé l’envoi des CRS et qui continu de nous donner à tous le gout de sa syntaxe :

Les évènements de ces dernières semaines ont rendu la gestion de la crise particulièrement délicate.

Crise qui n’a pas été arrangée, entre autres par vos actions

Il est important que l’ensemble de la communauté exprime clairement son refus du blocage des locaux.

C‘est le chemin que prenait le mouvement. Se rendant compte que le blocage s’enlise, certains bloqueurs d’avant ne le sont plus, mais ils restent mobilisés. Pourquoi alors ne pas avoir attendu lundi et le prochain vote pour en apprécier le dénouement ?

Inutile de disserter sur le blocage mais plutôt sur la façon dont il a été anéantit : un vote démocratique a eu lieu lundi 10 décembre 2007, et celui-ci a reconduit le blocage. Malgré cette décision commune, certains professeurs ont fait cours mercredi et jeudi, ne respectant pas le blocage et pénalisant ainsi les élèves qui n’ont pas étés informés du déroulement de ces cours. Certains de ces professeurs en viennent même à inciter les échauffourées, pour rire ? Je passe sous silence les avancement de dates délais pour les travaux à rendre, il est tout de même navrant de voir se manifester des professeurs qui nous pressent de rendre des travaux alors qu’ils n’ont donné aucun signes de vie depuis six semaines, du moins pour certains.

Dans un autre registre, les médias s’amusent en jouant sur les mots :

Lille Plus 12 décembre 2007

Que l’on soit pour ou contre la loi, pour ou contre le blocage, cette intervention des forces du désordre, pardon, des forces de l’ordre, est inacceptable. On pourrait critiquer l’heure choisie (20 minutes titre “par la ruse” sur la première page), mais là n’est pas la question :

20 minutes 14 décembre 2007

Ce qui choque le plus, c’est la violation du blocage, le nombre et surtout les méthodes. De nombreux camions de CRS, des unités de vie (camions pour l’occupation), des coups de matraque et des jets de gaz lacrymogène contre un petit nombre d’étudiants désarmés… Je ne cautionne ni ces méthodes, ni les slogans de certains étudiants qui ne pouvaient qu’envenimer les choses :

Pétain ! Reviens, t’as oublié tes chiens !

Je doute que cela fasse avancer les choses…

Je finis sur quelques citations :

On saura faire la différence entre ceux qui veulent entrer pour bloquer, et ceux qui veulent entrer pour travailler. Ca se voit.

À une étudiante en master qui devait assister à une conférence, et alors que les charges étaient finies et les étudiants dispersés sur le site : “Non, par principe on ne vous laissera pas passer.” Un CRS rigolard, j’insiste sur ce terme. Ce à quoi elle répliqua qu’au moins, les bloqueurs laissaient passer les masters…

En somme, je suis vraiment déçu de la tournure que prend ce mouvement, les CRS n’ayant apparemment fait aucune différences entre les personnes passant des examens, les bloqueurs et les étudiants travaillant en bibliothèque :

Hier,je me suis fait VIREE de la BU sur ordre des CRS alors que j’étais simplement en train de bosser. Je ne suis pas contre le blocage, je suis engagée contre cette loi et je tiens seulement à m’autoformer quand je n’ai pas cours. Quel “soulèvement” a nécessité l’intervention des CRS ? Il ne se passait rien sur la fac quand ils ont décidé de faire évacuer.

J‘espère au moins que la situation ne s’envenimera pas comme à Lyon II, et qu’un terrain d’entente mature sera trouvé.

Billet fortement inspiré de ce que j’ai pu lire sur indymedia

09
Dec

Désinformation et LRU à Lille 3

AG LRU

L‘inquiétude règne à Lille 3 quant à la suite du mouvement contre la loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités. En effet, l’émoi toujours causé par le blocage est au centre des débats, et l’attitude du président de l’université Charles de Gaule ne fait rien pour arranger les choses. C’est pour cela que je souhaite revenir sur les évènements de la semaine dernière et sur certains articles parus dans la presse et qui, selon moi, mais pas seulement, font tout pour désinformer.

Vendredi 30 novembre, l’Assemblée Générale des étudiants décide par un vote démocratique d’effectuer une consultation pour la poursuite ou non du blocage le Lundi 3 décembre, durant l’Assemblée Générale. Ce à quoi le président de l’université trouve bon de répondre par un communiqué dans lequel il annonce un vote, organisé par l’administration ce même lundi, à 13h.

Lundi 3 décembre, l’Assemblée Générale se réunit comme chaque lundi, et condamne logiquement le vote organisé par l’administration puisqu’il ne respecte pas la décision des étudiants (qu’ils soient bloqueurs ou non). Les deux votes ont tout de même lieu, déclenchant une confusion qu’il aurait été préférable d’éviter :

Consultation administrative

POUR la reconduite du blocage: 594
CONTRE la reconduite du blocage: 1 052
Blancs ou nuls : 6

Consultation de l’Assemblée Générale

POUR la reconduite du blocage: 1 201
CONTRE la reconduite du blocage: 812

Suite à ces deux votes, le président publie un communiqué sur le site de l’université :

“L’AG des étudiants a décidé de ne pas reconnaître la mise en place de ce vote.
Elle a mis en place un vote parallèle”

Il est tout à fait rageant de lire ce genre de communiqué en sachant que le vote de l’Assemblée Générale avait été décidé par tous les étudiants présent en AG (bloqueurs ou non), et que cette manÅ“uvre du président n’est qu’un bâton de plus dans les roues du mouvement. Malheureusement, la presse relaie ce genre de mensonge : comment garder une crédibilité avec toute cette désinformation ?

20minutes mardi 4 décembre 2007

A la lecture du communiqué du président et de l’article de 20 minutes du 4 décembre 2007, on pourrait croire que l’Assemblée Générale à décidée à la va vite un vote, après celui de l’administration, ce qui est totalement faux. Quand bien même cela aurait été vrai, le vote de l’AG à réunit 361 votes de plus que celui de l’administration, la logique du nombre l’aurait de toute façon emportée.

Mardi 4 décembre, une assemblée générale composée d’étudiants ainsi que de personnels administratifs et d’enseignants se réunit pour discuter du déroulement futur du mouvement. Durant les échanges, une proposition est retenue, celle d’organiser des rencontres entre étudiant et UFR. Les modalités ne sont toutefois pas décidées, et il est prévu d’en reparler durant l’assemblée générale du jeudi 6 décembre. On apprend le lendemain que le mardi 4 décembre à 20h, le président de l’université, Monsieur Jean-Claude Dupas, a décidé d’organiser ces rencontres le mercredi 5 décembre, sans en discuter avec qui que ce soit, et surtout pas avec les étudiants qui sont les premiers concernés.

20 minutes mercredi 5 décembre

Visiblement, en lisant cet article, les négociations n’avaient pas été fructueuses. Comment le président a t-il pu alors prévoir ces rencontres sans que quiconque en soit informé ?

Mercredi 5 décembre, vers 13h, le président publie un communiqué (qui a malheureusement disparu depuis…) dans lequel il était dit :

La journée du 5 décembre ayant permis la reprise des négociations, les cours pourront donc reprendre normalement dés jeudi 6 décembre

Selon moi, une journée de négociations et de discussions sur des sujets aussi sensibles que les cours et les examens ne se termine pas aux alentours de 13h… Comment des décisions ont-elles pu être prises alors qu’aucun étudiant ou presque n’a pu y prendre part ? Ici encore, la presse relaie, sans réfléchir semble t-il :

20 minutes 6 décembre 2007

Cher Vincent Vantighem, un journaliste ne doit-il pas tirer ses informations de plusieurs sources afin de forger un article ? Il serait peut être bon de s’informer aussi auprès des étudiants.

Jeudi 6 décembre, ce que tous les étudiants décrivent comme une manipulation a réussit. En annonçant une reprise des cours fictive via le site officiel de la faculté et via la presse, le président a réussit à faire venir en masse les étudiants, et à créer un rapport de force entre bloqueurs et non bloqueurs qui a donné lieu à des violences regrettables. Le vote du lundi 3 décembre ayant décidé la prolongation du blocage, les étudiants ont donc logiquement trouvé une université toujours bloquée, et non pas des salles ouvertes avec des cours prêts à débuter.

Président Dupas, vous qui souhaitez la fin du blocage et la reprise des cours, pensez-vous vraiment que cette manÅ“uvre mesquine vous a assurée crédibilité et honneur ? Non, pas du tout, cela n’a fait qu’engendrer mécontentements et tensions.

Métro 7 décembre 2007

Une fois de plus, la presse décrédibilise le mouvement en dénonçant les agissements d’ “étudiants hostiles à la loi LRU” qui “ont empêché (…) la reprise des cours”. Non, chers journalistes de métro, les cours ne devaient pas reprendre à la faculté de Lille 3, celle-ci étant toujours bloquée. Non, les étudiants bloqueurs n’ont pas empêché la reprise des cours, ils n’ont pas eu besoin de le faire puisqu’elle n’était pas légitime.

De son côté, l’administration relativise, des bagarres entre étudiants, apparemment ça n’est pas trop grave, d’ailleurs il semble ne pas en avoir eu selon la chargée de communication de Lille 3 :

Il y a eu de la tension mais pas de bagarres

Métro donne la fermeture de l’université comme une mesure de sécurité. Le président lui-même dénonce le blocage comme “une violence d’autant plus forte qu’il est imposé unilatéralement”. Je répondrais à ça par le fait que la violence a été engendré par la faute du président suite à une fausse annonce de reprise des cours. De plus, le blocage n’est pas imposé puisqu’il est voté par tous ceux qui le souhaitent.

Je m’indigne de cette désinformation et de ce manque de maturité venant de quelqu’un qui a été élu président d’université, et d’une presse qui semble toute dédiée à l’administration, faisant entendre la voix de celle-ci sans vérifier le fondement de ses propos.

Article rédigé par un étudiant, qui aimerait que les personnes, quelles qu’elles soient, arrêtent de prendre les bloqueurs pour des affreux communistes syndicalistes, et les non bloqueurs pour des fils à papa qui s’ennuient dans leur château doré quand les cours n’ont pas lieu.

Emilien Pierru.