
Je n’étais pas enjoué à l’idée de lire ce livre de Jean Malaurie. Mais de fil en aiguille et passé les passages très techniques, ce livre fait réfléchir sur les origines de l’homme, à notre culture occidentale si… différente. Je l’ai lu avec passion, et voici ce qui en ressort :
La première partie est majoritairement géographique et scientifique, mais au fur et à mesure l’auteur comprend que c’est l’aspect humain qui importe le plus. Il prend donc un chemin parallèle et s’insère dans une communauté inuite. Sans folklore, sans porter de jugements, il cherche à comprendre (la survie, le mode de vie…). Cette dimension humaine ne fait toutefois pas oublier des recherches comme celle du pôle magnétique.
Fruit des expériences de l’auteur, l’ouvrage prend logiquement au fil des pages une tournure plus intime. Très pertinente pour un ouvrage à portée autobiographique, cette démarche peut dérouter et le livre tombe peut être trop souvent dans une analyse externe, certes pas dénuée d’intérêt mais sans rapport direct avec la vie des Inuit.
Son intégration dans une communauté inuite reste tout de même un paradoxe. Comment parvenir à cerner cette culture qu’il définit lui-même comme solitaire ? Quand bien même le contact serait établi, la culture orale de ce peuple l’empêche de retranscrire sa mémoire sans une part d’oubli : si “la parole est pouvoir”, l’écrit n’est-il rien ?
Ouvrage original et abouti, Hummocks devient passionnant si le lecteur reste ouvert. Il est une bonne introduction, qui ne remplace malheureusement en rien un contact réel avec le Grand Nord. Comme il le dit lui même : “Que c’est difficile d’exprimer la plénitude d’un instant”.





